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Ciel de Case
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6 avril 2018

Territorialité et système D

Paleosuchus palpebrosus

Paleosuchus palpebrosus

Il exhibe ses mâchoires, ses dents, mimant le caïman engloutissant un poisson. Le message est très clair : "C'est chez moi ici, fais demi-tour !"

Paleosuchus palpebrosus

Paleosuchus palpebrosus

Quand deux gros te refusent le passage tu fais avec les moyens du bord : le parapluie et la torche.

Au préalable, j'ai bien tenté de gueuler un truc du genre : "Hé ho ! Fous le camp ! Allez, tire-toi !" qui semble avoir convaincu le premier de ma trouille et qui a eu pour seul effet de le conforter dans l'idée qu'il devait coûte que coûte garder la place. J'ai compris la leçon, j'éviterai à l'avenir de crier face aux Crocodiliens. Crier est perçu comme un aveu de faiblesse. Les proies alarment face aux prédateurs. A n'utiliser qu'en dernier recours.

Les caïmans se comportent en véritables brutes : les "coups de gueule" sont monnaie courante. Les Crocodiliens cicatrisent bien et vite des blessures qu'ils s'infligent, et sont bigrement bien caparaçonnés, et se moquent d'être estropiés. Pas moi malheureusement ;) Prudence donc.

J'ai bien cru devoir terminer la nuit sur place, dans un observatoire, avec les moustiques pour compagnie, mais ma fille m'attendait à la maison, il fallait que je rentre.

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1 avril 2015

"Kung fu fighting" - Carl Douglas

Myrmecophaga tridactyla - Tamanoir

"We took a bow and made a stand, started swinging with the hand

The sudden motion make me skip, now we're into a brand new trip"

Myrmecophaga tridactyla - Tamanoir

J'ai essuyé une vraie charge. Et c'était évidemment entièrement ma faute. Je venais de passer le début d'après-midi dans les pripris, de l'eau et de la vase jusqu'à mi-cuisses pour photographier les Eulophia alta. Le soleil m'avait recuite et j'étais dégueulasse, mais je décide de faire aussi un petit tour en savane avant de rentrer. Et je le trouve, marchant d'un bon pas, s'arrêtant fréquemment pour retourner une petite termitère au sol, y glisser deux trois fois la langue, puis passer à une autre. Je ne possède que mon 100mm macro. Je veux me rapprocher le plus possible pour avoir des détails de sa tête, de son oeil surtout, parce qu'il a cette manie de garder les yeux mi-clos sous ses paupières épaisses et charnues. Le tamanoir poursuit ses activités, sans trop me prêter attention, mais il est nerveux. Je ne devrais pas le suivre, mais ma convoitise est la plus forte. Je me dis que c'est ma chance, que je dois en profiter. Je me retrouve à 2-3m derrière lui, de 3/4, alors qu'il s'affaire sur une termitière. Je suis obsédée par l'idée de faire mes photos, je ne lâche quasiment plus le viseur, mais je me recule de quelques mètres quand je le vois se tourner. Et puis il lève la tête, et je vois passer dans son oeil un éclair mauvais (photo du haut), un truc qui voulait dire : "Je vais te faire la misère, pas de quartier !". Je comprends immédiatement, je suis allée trop loin, enfin trop près quoi. Il va charger, bien qu'il n'ait montré aucun signe avant-coureur préalable, du moins aucun que j'aie su discerner. Je calcule à toute vitesse : dans mes bottes trop grandes, si je me mets à courir au milieu des mottes de terre et des touffes d'herbes, je n'ai aucune chance, sinon celle de me tordre les genoux ou les chevilles. Alors je reste immobile, face à lui. Je crois vraiment que tout est fini, que je vais y rester. Belliqueux, en 2 ou 3 foulées d'un galop menaçant, la queue battant et s'arquant curieusement, il est sur moi et se dresse, arc-bouté sur ses pattes arrière, pattes avant levées, ses griffes énormes à hauteur de mon visage. J'ose à peine le regarder, j'ose à peine soutenir l'idée de ses grosses griffes courbes se verrouillant sur mon visage, mes épaules ou mon cou, surtout mon cou, et la jugulaire. On est à 1,5m l'un de l'autre. Je ne bouge pas un cil, ne dis rien. Je me contente très lentement d'abaisser mes bras jusqu'à mes cuisses, appareil photo dans les mains, un mouvement que je veux apaisant, non de défi. Je veux lui faire comprendre que je me rends, que je rends les armes. Ce qui semble fonctionner. Il garde la posture un bref instant encore, hésite, puis paraît brutalement changer d'avis. Il donne l'impression de prendre peur. Pourquoi ? Parce que je pue comme jamais la vase et la transpiration ? Parce que ma position statique debout dressée l'impressionne ? Parce qu'il a sans doute mieux à faire que de m'affronter ? Je suis un peu plus haute que lui. Il se remet sur ses 4 pattes, fait volte-face, se met à galoper sur une vingtaine de mètres pour me fuir, échine et queue hérissées, ondulant par saccades, et se cache derrière un buisson. Je ne bouge pas. Je le vois lever le nez, pour me flairer. Et puis, au bout d'un moment somme toute bref, rasséréné, il quitte son buisson et reprend ses activités (photo 2) presque comme si rien n'était jamais arrivé. Il n'est alors surtout plus question pour moi de m'en approcher. Je le regarde encore un peu, pas trop longtemps, car je m'en veux d'avoir abusé et de l'avoir à ce point stressé, et je lui suis surtout terriblement reconnaissante de m'avoir épargnée, et de m'avoir offert, par la même occasion cet incroyable instant d'intimité. Adieu l'ami.

Le tamanoir fait à peu près la taille d'un berger allemand. Il est très étroit, grêle - un sac d'os -  et est bâti tout en longueur. Ses poils sont très semblables à ceux de ses cousins les paresseux. Il marche l'amble, si je ne me trompe pas, ce qui peut rappeler les dromadaires, et parfois par à-coups. Sa démarche est vraiment curieuse, un peu hésitante selon les terrains : des pattes arrière comme celles d'un plantigrade, et il marche sur les poings des pattes avant, griffes rentrées vers l'intérieur. Quand il se hérisse, il fait penser à une chenille velue géante.

18 mars 2021

Etienne Druon - Formidable illustrateur - Amoureux de l'Amazonie, de la Guyane en particulier

 

Interview :

Étienne Druon : "La plus belle forêt amazonienne, elle est en France"

C'est lors d'une semaine à Annecy en février dernier que l'on fait la connaissance d'Étienne Druon, carnettiste de voyage, grand spécialiste de la Guyane française et de sa légendaire forêt amazonienne. Avec sa femme Émilie et leurs deux enfants, ils s'y rendent chaque année depuis 25 ans !

https://babel-voyages.com

 

Pour les Gwich'in (Yukon) : "Les arbres, les animaux, les rivières, chaque partie de ce monde retient tout ce que l'on fait et tout ce que l'on dit, et même, parfois, ce que l'on pense. C'est pour ça qu'il faut faire très attention aux pensées que nous formulons, puisque le monde n'oublie rien, et que chacun des éléments qui le composent voit, entend, sait. Ce qui s'est passé, ce qui advient, ce qui se prépare. Il existe un qui-vive des êtres extérieurs aux hommes, toujours prêts à déborder leurs attentes. Aussi chaque forme-pensée que nous déposons hors de nous-mêmes vient se mêler et s'ajouter aux anciennes histoires qui informent l'environnement, ainsi qu'aux dispositions de ceux qui la peuplent."

Nastassja Martin, Croire aux fauves (2019)

20 novembre 2020

Quand d'autres vont sur Kaw

Un serpent vermillon s'engage sur le sentier. Il est effilé, délié, et ductile comme les pièces de verre filé de Murano, dont il partage la brillance et l'éclat. Un Oxyrhopus occipitalis subadulte.

Boana_boans

Callimedusa tompoterna

La pluie me douche quand j'arrive à la crique. Ce bruit caractéristique de locomotive à vapeur qui me fait remballer tout mon matos en un clin d'oeil, et cette averse drue en rafales qui fera ensuite sortir les Leptodactyles de leurs retraites, et "dégringoler" les arboricoles parfois jusqu'au sol : ostéocéphales, rainettes pattes d'oie et tigrines.

Ca aurait pu faire une bonne photo, mais... non. Il m'aurait fallu l'éclairage croisé de deux lampes, ou orienter mon appareil à l'opposé de ma lampe. Il aurait fallu, mais je suis trempée, sur le coup je manque de présence d'esprit, je viens de ressortir avec maintes précautions mon 7DII, et j'ai encore tout le reste de mon barda sur le dos. Elle n'a pas gardé la pose bien longtemps. Comme je regrette.

Callimedusa tomopterna

Sarabay, les jolies ?

 J'espérais de nouvelles espèces - une grenouille ou un serpent -  ou revoir des tortues, ou trouver un serpent-corail dans la pinotère inondée, mais c'était peu diversifié, que des espèces habituelles, et il n'y avait rien que je ne connaisse déjà. Les mares du layon sont pleines à ras bord mais trop profondes et trop glissantes pour que je ne me retrouve pas les bottes pleines. L'eau est bourbeuse, et si des tortues s'y cachent, elles sont indécelables.

Le couvre-feu me contraint à passer la nuit dans la voiture. Un petit phasme mâle de Creoxylus spinosus s'est invité dans mes cheveux. Installé clandestinement, je ne l'ai remarqué que lorsque j'ai retiré ma frontale. Il a pourtant probablement partagé toute ma balade de retour. Je suis mouillée - je fais désormais l'économie du k-way qui ne sert franchement pas à grand-chose, je n'ai pas pris de vêtements de rechange, j'ai un petit creux à l'estomac - les chips de maïs épicées c'est un peu maigre, et je n'ai rien pour me couvrir. J'ai froid, pas de chauffage dans cette voiture, la pluie ne faiblit pas, tout l'habitacle est embué. Pff. Mais qu'est-ce que je fous là ? Au moins mes 2 appareils photo sont protégés, emballés chacun dans une serviette microfibres propre et sèche et chacun dans son sac étanche. Je repars dès 5h30, en rentrant par Guatemala, espérant surprendre quelques oiseaux à l'éveil, mais rien. Il pleut, il est trop tôt encore, et ça ne les invite pas à se secouer. Sur une parcelle de terrain un peu surélevée, les zébus se serrent les uns contre les autres sous la pluie.

Pluie_sur_le_capot

Je rentre à temps pour préparer le petit-déjeuner du samedi.

5 mars 2021

"Démons et Merveilles"

Titanacris sp. (?)

Titanacris sp. (?)

Titanacris sp. (?)

Titanacris sp. (?)

Titanacris sp. (?)

Titanacris sp.

Titanacris sp. (?)

C'est curieux quand même, et vachement bien fait aussi ! La sauterelle pèse de tout son poids pour s'extraire de son exuvie, par spasmes, contractions, tout ce qu'on voudra, et sans jamais s'appuyer ou s'agripper à sa feuille. Mais la mue adhère sans problème au support et continue de maintenir la sauterelle en suspension dans le vide, sans "drisses de sécurité", comme il en existe pourtant chez certains papillons. Qu'ils sont forts ces insectes ! Tellement fascinants, tellement méconnus, tellement ignorés aussi.

Titanacris sp. (?)

+ Acontista maroniensis femelle. (Une épithète bien de chez nous). Trouvée sur ce layon pour la 2nde fois.

Acontista maroniensis - ♀

Mante d'environ 35mm (?) Cachée sous une feuille.

Acontista maroniensis - ♀

De la main gauche je tiens la feuille retournée, de l'autre le reflex, et comme éclairage la frontale orientée de traviole.

+ Periphloea corticina et Parastratocles tessulatus.

+ Jeune Paleosuchus trigonatus - Bottes pleines, bout des fesses mouillé, caïman pas d'accord, les bugs récurrents du flash. Démerdàte pour les photos ;)

Paleosuchus trigonatus - Jeune

Epidendrum nocturnum en fleur.

L'attaque chimique parfumée et cireuse d'Apoica spp. qui existe aussi chez certaines fourmis.

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12 février 2021

Lendemain de Lune noire

Rien, hormis un grage en alerte, qui s'est écarté avant que je ne lui marche dessus, et avant lui un Corallus hortulanus hors d'atteinte. Le Soleil n'a pas percé depuis des semaines.

Typophyllum sp.

Frank avait vu la même dans l'est au début de son séjour. Mes photos ne soutiennent évidemment pas la comparaison avec les siennes, mais la coïncidence m'amuse car on venait tout juste d'en parler.

Je n'avais encore jamais croisé cette forme avec son "mycélium" sur les nervures. Une "robe" très dans l'air du temps en adéquation avec la météo humide provoquée par la Niña. Je suis presque certaine que les morphes sont aussi influencées par les conditions climatiques. Après tout, elles ont eu le temps de prendre la température et l'hygrométrie pendant toute la période des diverses nymphoses, et d'opter pour une tenue conforme. Une des livrées les plus bluffantes qu'il m'ait été donné de rencontrer.

Typophyllum sp. - femelle

Celle-ci à quelques pas de la première, mais au retour, vers 23h. Pour elle un simple liseré blanc barrant la tête et la pointe de l'élytre comme rongée de moisissures. Mais toutes les livrées tiennent du prodige !

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Les années précédentes, franchement sèches, j'ai surtout trouvé des sauterelles-feuilles aux allures dessiquées.

Pour comparaison, un mâle en 2018/19 - tous les mâles que j'ai trouvés avaient le "cul" croqué comme ça - ce dégagement facilite peut-être l'accouplement (?) Les mâles de cette espèce sont nettement plus petits que les femelles. Je serais curieuse de savoir sur quels critères mâle et femelle s'apparient. Peut-être suffit-il qu'un mâle et une femelle se rencontrent.

Typophyllum sp. - mâle

26 janvier 2021

Canceler m'a "mis la fièvre"

Layon Crique Canceler

Capharnaüm. Des velléités de ménage ? 

Et ces foutus moustiques. J'en garderai un joli souvenir malgré mes manches longues : une auréole violacée sur le cou, et des maux de tête persistant plusieurs jours.

Layon Crique Canceler

Layon Crique Canceler

Layon Crique Canceler

Layon Crique Canceler

Layon Crique Canceler

Savane-roche Canceler

Y retourner quand il fera beau.

Savane-roche Canceler

Polistes sp.

Guêpes papetières dans un cactus cierge - Cereus hexagonus - une espèce patrimoniale.

Polistes sp.

La guêpe papetière est un animal politique. La majorité des hyménoptères sont eusociaux. Lorsqu'une de ces Polistes sp. revient au nid, elle y est reconnue et accueillie par quelques autres. Et ça fait un buzz, un vrai.

Polistes sp.

Layon Crique Canceler

Layon Crique Canceler

Crique Canceler

Et Philaethria dido voletant.

20 janvier 2021

Un vieux projet pour moi-même : "Illustrer

Chemin Mélanie

Un vieux projet pour moi-même : "Illustrer convenablement les espèces du quotidien" va enfin pouvoir se concrétiser. Grâce à du matériel performant, précis et adapté. Et je renouvelle mes remerciements à Roland, pour ses excellents conseils :) J'espère pouvoir me régaler enfin, loin des objos trop courts et qui patinent.

Crotophaga ani - jeunes

Jeunes anis à bec lisse

Spatula discors

Une sarcelle à ailes bleues

 Tamron 150-600mm

Sturnelles militaires, tyrans, caracaras à tête jaune... à nous ! ;)

 

L'alarme des amazones comme les goélands à la criée. Un instant transportée sur le port du Croisic.

 

Un Spilotes pullatus et sa curieuse parade d'intimidation : faire vibrer sa queue, presque la claquer au sol, avant de s'échapper.

28 décembre 2020

"Ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux, Regardez-les s'envoler, c'est beau..." - Une goutte d'eau dans la mer ?

Une hardie petite tortue charbonnière égarée dans notre jardin. On lui a offert la liberté en savane. Celle-là c'est une dégourdie ! On lui souhaite longue vie.

Stéphanie

Stéphanie l'aurait bien gardée...

Les tortues charbonnières Chelonoidis carbonarius se font de plus en plus rares. Elles sont victimes de la chasse et des prélèvements pour en faire des "animaux de compagnie". Ce sont pourtant des bestioles qui, pour être heureuses ont besoin d'énormément d'espace, de zones où elles pourront se chauffer mais aussi de coins abrités du soleil et dans lesquels elles pourront creuser, d'une bauge pour boire et se rafraîchir, et d'une nourriture très variée. Choses élémentaires et nécessaires qu'aucun prétendu ami des bêtes / amoureux des animaux ne leur offre jamais. En clair, elles ne sont bien que libres et c'est leur raison d'être, comme tout autre animal sauvage.

Si on laissait la parole aux tortues captives, elles nous diraient :

"J'étais si heureuse dans la foule / la foule verte de la forêt / avec la peur de me perdre / et la crainte de me retrouver."

Jacques Prévert "Arbres", Histoires

Cf. Arrêté du 19 novembre 2020 Art. 2

14 novembre 2020

Photo type identification, pas pu faire mieux.

Eunectes murinus - juvénile

Photo type identification, pas pu faire mieux.

 

1er coup d'oeil : Balèze l'helicops* ! immédiatement suivi d'un : Je veux, oui ! C'est un anaconda !

P'tain décidément je ne m'arrange pas.

*Il m'a rappelé ce monstre vu en mars 2019 :

Helicops angulatus - Très gros adulte

Il ne tient pas en place, cherche à filer. Je l'attrape un bref instant, en douceur. Pas pu m'en empêcher, je n'en croise jamais. Très gras - il doit bien flotter celui-ci - et queue qui s'enroule comme la coquille d'un escargot de Bourgogne.

Les anacondas sont souvent piégés dans des filets, lesquels sont parfois oubliés des jours durant, par simple négligence. Les filets sont posés partout, sur les cours d'eau et dans les marais : le long des rives, à l'entrée de buses d'évacuation des eaux de pluie, entre deux massifs de moucou-moucou, et certains barrent les criquots de part en part... Ce sont des pièges redoutables. Les jeunes individus sont plus souvent victimes des filets que les gros, s'étranglant plus facilement dans les mailles. Mais je me demande dans quelles proportions. Et quel est l'impact exact de ces prises sur les populations de ce boïdé ?

L'anaconda est craint et fait l'objet de nombreuses supersititions auprès des populations du fleuve. "mama / mami wata", "manman dilo", cette créature pas toujours maléfique, mais à l'origine des noyades, est notamment mais pas exclusivement associée à l'anaconda.

Puis, Tamandua tetradactyla

Pseudoboa coronata - subadulte et juvénile

Explosive_Scinax

Scinax ruber, Scinax à oeil rouge, et les espèces commensales habituelles.

Mars bien visible ce soir.

4 novembre 2020

Temps détraqué

Boana boans

Pluie modérée mais obstinée. Les rainettes pattes d'oie se déclarent. 45 dénombrées sur environ 30m linéaires. Un nombre probablement sous-estimé. Des paires d'yeux qui réfléchissent la lumière de la torche dans toutes les strates de végétation, installées un peu comme dans des gradins. Surréaliste. J'adore. Mais c'est surtout la densité qui fait plaisir. Aujourd'hui on s'est habitués à l'effondrement des populations animales, on n'y prend plus trop garde, surtout quand on n'a jamais enfilé un masque, ou jamais observé une colonie d'oiseaux marins nichant, ou, dans un fromager géant, une colonie de roussettes s'éparpillant au crépuscule. Je me souviens le commentaire d'un ado, qui avait la fibre naturaliste, fils d'un décideur qui travaillait dans les bureaux du Parc amazonien. On était en pleine forêt, je le voyais pêcher et laisser ses poissons agoniser au soleil sur la dalle rocheuse. Je lui ai demandé pourquoi il les laissait crever bêtement au lieu de simplement les relâcher, il m'avait répondu : "De toute façon, il y en a trop !" et ma réaction immédiate : "L'équilibre se fait tout seul dans la nature, la vie prend la place qui lui est donnée." Mais d'où nous vient cette suffisance de démiurges en négatif ? Pourquoi l'être humain est-il porté avec cette légèreté effrayante à s'arroger le droit d'une mort inutile et gratuite sur la vie sauvage ?

Je me rappelle deux étés en Loire-Atlantique, il y a une trentaine d'années, un marqué par l'éclosion d'innombrables paons du jour qui finissaient leur course dans la mer. Le phénomène avait duré 2-3 jours; un autre été avec l'éclosion de myriades de coccinelles présentes en grappes partout, tellement nombreuses et affamées qu'elles s'attaquaient aux gens, mordant. Beaucoup d'entre elles aussi ont terminé en mer, en nappes, poussées par le vent de terre. Ces deux phénomènes extraordinaires indiquaient de toute évidence un dérèglement, un déséquilibre, probablement dû en grande partie aux épandages de pesticides. Et aujourd'hui, des étés vides d'insectes, la vigne vierge de la maison ne bruisse plus ni ne bourdonne.

Boana_boans

Dminutus_Rmarina

28 août 2020

Les Djinns

Nasua nasua

4 coatis font une razzia dans les fruits d'une Mélastomatacée : Miconia asperiusculata (?) 3mn passées auprès d'eux. Les morfals se ruent dans les arbustes, faisant ployer les branches, et mangent goulûment.

Nasua nasua

Nasua nasua

Un pêle-mêle. Et, comme toujours, un seul individu s'expose.

Nasua nasua

La rencontre s'est faite en bordure de layon. Le soleil voile certaines photos. Je découvre mon boîtier, et je saurai qu'à grande sensibilité, il faut que je me méfie.

Nasua nasua

J'essaie de me rapprocher progressivement, prudemment, 2 ou 3 tout petits pas, et je me retrouve dans les rayons qui percent les feuillages. Ce sera la limite tolérée.

Nasua nasua

Nasua nasua

Nasua nasua

La billebaude c'est toujours le risque de déranger la faune dans ses activités. Je les ai interrompus, mais je me suis effacée avant qu'ils ne fuient.

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Callistes syacous et pénélopes marails, callistes septicolores et ortalides motmots.

16 juillet 2020

Guedj N'dakaru

6 plongeurs dans la pirogue de l’Océanium et on se dirige vers le large. Je suis la benjamine du groupe, j’ai 14/15 ans, on m’a fait passer le « 1er éch » un peu tôt, puisque je n’ai pas 16 ans, j’ai quelques belles explos au compteur sur l’épave du Tacoma, à l'Aquarium, ou sur les Madeleines et la faille, mais surtout, mon père, plongeur émérite, se porte garant pour moi. Mon père. Mon héros. Je lui dois tellement ! On se dirige sur Tiwa. Ce sera ma première profonde, aux alentours de 40m. Il y a un  peu de route avant d’arriver, Haïdar en profite pour manger un de ses sandwiches "pinton" favoris. On a quitté la presqu'île, on est en pleine mer. La mer est belle, les vagues se creusent, on tape un peu, malgré le nez effilé de la pirogue. Notre barreur lébou décélère sur les plus grosses, qu’on évite de décoller et de se taper le cul et tasser les vertèbres. Les conditions semblent idéales, en début de matinée, le ciel est éclatant, et, chose rare, une eau violette à force d’être claire et bleue. C’est la première fois que je vois une eau si pure. C'est surréaliste et optimal. Je ne fais plus que ça, contempler les rayons traversant l’eau profonde et regarder filer les poissons volants devant nous. Son sandwich englouti, Haïdar commence à surveiller la côte, pour ses amers. Il a bien un sondeur, mais c’est à ses sens qu’il se fie, sous son chapeau effiloché. Il ferme un œil, place la main devant son visage. Il fait arrêter la pirogue, enfile son masque. Je ne comprends pas. Il plonge la tête entière sous l’eau. Remonte. "C’est pas là, plus par là" demande-t-il de la main au barreur. Il replonge la tête, le moteur tourne au ralenti. Il trouve, on jette le grappin en fer à béton là, dans l'infini. « Qu’est-ce que tu faisais ? » je lui demande alors. « J’écoutais les crépitements sous l’eau, pour savoir où trouver la faune fixée. C’est là. » Je suis scotchée. Haïdar est vraiment un type rare, hors du commun, et totalement amphibie. On termine de s’équiper : combi pour eaux tempérées car dès 20m la température descend à 18°c et après 20m à 16°c voire moins, et 16°c pendant 45 mn, c’est raide. L’eau est un fluide autrement plus enveloppant que l’air. J'ai toujours été frileuse. Les bouteilles sont en acier, donc lourdes. On est de la vieille école, parce qu'on ne se fie pas à 100% au matériel : « Si tu sens que ça tire quand tu respires, abaisse la tige de la réserve, et tu préviens." Ok. Qui dit combi assez épaisse dit aussi ceinture de plombs bien garnie. C’est la première fois que j’utiliserai le gilet fenzy, par-dessus les bêtes bretelles tissées de ma bouteille, une collerette avec une sous-cutale fixée à la ceinture. Tout le monde y est ? Allez, bascule arrière. On se retrouve en surface, on réajuste nos masques, nos ceintures, on vérifie nos détendeurs, je serre au max mes bretelles pour caler les épaules et éviter que la bouteille ne me tape le crâne au moment du canard, il faudra que je la maintienne de la main droite glissée dans la bretelle, poussant côté culot de la bouteille. Haïdar fait le geste du pouce en bas. On ne s'attarde pas à palmer en surface. Allez, go, on descend.

J’ai plongé en Bretagne au printemps, quand on se pèle et qu'il faut renfiler la combi mouillée de la veille, à Trébeurden comme à Belle-Ile,  auprès des Corynactis viridis, avec les torpilles, les saint-pierre, les baudroies, les congres et les tacauds; en Méditerranée, du côté de Porquerolles et Port-Cros, et même dans des carrières, dans de l’eau à 6°. J’ai plongé en mer Rouge, à la rencontre des napoléons. J’ai plongé en Polynésie, en bouteille et en apnée, au milieu des requins et des raies mantas, sur les îles hautes : Tahiti, Moorea, Raiatea... comme sur des atolls perdus tel Kaukura, auprès des perliculteurs.  J’ai plongé à l’île de Pâques, dans une eau d’une clarté inégalable. Mais aucune plongée n’a jamais eu la saveur des plongées à Dakar, parce qu’elles ne sont ni faciles ni accessibles, qu'elles se méritent plus que tout autres, mais aussi parce que c'est à Dakar que j'ai commencé, et que j'ai tout appris.

Dakar se sont des eaux très riches, souvent brassées à cause de l’upwelling. Il faut parfois traverser des nappes de phytoplancton sur 5 à 10m – dans une véritable purée de pois - le bloom -, pour ensuite retrouver de l’eau presque propre et froide et terminer la descente. Des nappes de pycnocline et thermocline. En touchant le fond, on a l’impression qu’il fait nuit. Tout est enveloppé de vert foncé, et tout est sombre. On n’y voit goutte, c’est rien de le dire. Il faut palmer pour contrecarrer les courants qui peuvent aussi nous déporter pendant la descente et nous faire rater l’épave ou les roches basaltiques convoitées. L'épave du Charbonnier, Gouï Teni M’both – une histoire d’amers avec un puits et un crapaud, Kunk djabar, et d’autres. Des remontées épiques, environnés de vert bouteille, parfois bloqués en drapeau sur la corde de l’ancre qui nous secoue en fonction de la puissance des vagues en surface. Mais la mer à Dakar, c'est aussi la grande faune de l'Atlantique tropical - des raies pastenagues gigantesques, les raies-guitares, des seiches géantes (yërëdë), des marlins bleus, des Diodon hystrix de 90cm de long (tout simplement les plus grands du monde), poissons-trompettes, les yeets, Murexiella bojadorensis... -, mélangée à la faune curieuse ou haute en couleurs de la Méditerranée : badèches, apogons, poissons-écureuils, poissons-soldats, mostelles, girelles, demoiselles, Echinaster sepositus, ophiures, plumes de mer couleur carotte (Pennatula sp.), grande nacre - Pinna nobilis... ... ...

La descente est rapide, juste prendre le temps de compenser pour les oreilles, régulièrement, mais on trace, pour pouvoir passer un peu plus de temps au fond. Nos 12 litres ne sont pas inépuisables. Donc, il faut plomber sans se poser de questions. On palme dans le courant, on ne s’attend pas trop les uns les autres, de brefs regards de temps à autre sur les côtés pour s’assurer que personne ne s’attarde ou ne ralentit, on descend puis le courant s’estompe. Ca me semble facile tout compte fait. Ca l’est sans doute. Je descends dans une eau claire mais je m’attache plus aux particules qui défilent devant mes yeux qu’à regarder loin devant cette masse oblongue et brunâtre. Je ne sais trop à quoi je dois m'attendre. Et tout à coup, tout s’éclaire. L’eau devient tout à fait limpide. On doit être à 25m de profondeur, toujours en pleine eau. Le sable blanc semble presque phosphorescent. Il sert de révélateur, de réflecteur à une épave dont je vois nettement les membrures, comme une cage thoracique. Le bateau, qui ressemble à une grande chaloupe, est posé sur le flanc et tout autour nagent en cercle, au ralenti, dans un sens ou dans l’autre, d’énormes mérous uniformément bruns aux dimensions réellement dantesques – Epinephelus (Promicrops) esonue - indique le guide des Poissons de mer de l'Ouest africain tropical de Bernard Seret et Pierre Opic (ORSTOM Paris, 1981 réédition de 1990) a priori aujourd'hui requalifiés en Epinephelus itajara (?) 2,30m pour les plus gros, ainsi que des courbines – Agyrosomus regius -  de près de 2 mètres. Jamais de toute ma vie je n’ai vu de poissons aussi gros. Incrédule, je réalise que je me trouve devant Léviathan en personne. Incommensurable ! Cette image de ces masses d’abord vaguement indistinctes puis parfaitement dessinées me marquera à jamais. Ils se révèlent, surgissant avec plus de netteté à mesure que nous nous rapprochons. J’ai l’impression de glisser vers le fond comme avec un parachute, insensiblement mais sûrement, palmes d'abord et debout sur les derniers mètres pour profiter du spectacle. Jamais, plus jamais, je n’ai éprouvé un tel émerveillement. L’expression est galvaudée, mais je n’en n’ai pas de meilleure, j’ai vraiment l’impression de pénétrer dans un sanctuaire, et d’être la première à le faire. Et ces poissons n'en sont pas les gardiens, ils sont le sanctuaire. La visibilité au fond est extraordinaire, au moins 25m. On peut embrasser toute l'épave du regard. Une lumière tamisée vert bleu pâle en halo autour de nous. Les eaux sont bien moins brassées que dans les 20m habituels de mes explos à quelques encâblures de Dakar. Là j’évolue au large, et ça ne m’était encore jamais arrivé. Nous nous posons un peu lourdement au fond, pression de la colonne d’eau oblige, sur les genoux, un peu comme des scaphandriers aux pieds plombés. Tout le monde est équipé d’une stab. Branchée à la bouteille, une pression sur un bouton et la stab gonfle, ce qui confère au plongeur enfin l’impression d’évoluer en apesanteur. Moi, je dispose d’un système archaïque digne des débuts de Cousteau : il me faut gonfler ma fenzy orange et noire à la bouche. 7 bonnes insufflations m’équilibrent. La fenzy en collerette m’oblige à me cambrer, elle pousse sur le menton, me contraignant à relever la tête, mais je m’adapte et m’équilibre, et je palmerai un peu plus pour compenser le reste. Haïdar aussi est équipé fenzy. Avant de se poser au fond, il s'est assuré que l'ancre était bien accrochée. Il se tourne vers moi, vérifie que je ne stresse pas ni ne narcose. 40m c'est quelque chose pour ma petite tête encore en construction. Tout est ok ? ToutiRek ! Ses yeux sourient et dans son grand masque à grande vitre, je me dis qu’il ressemble à Galabru. Je lui souris en retour, à travers mon petit masque Cressi de chasseur sous-marin, que j’ai choisi l’été dernier. Haïdar est rassuré, il constate mon exaltation quand je louche sur les poissons géants : pas de souci, ça gaze. Il me laisse du champ, l’explo peut commencer. Pendant 25 à 30mn on va évoluer autour et dans le bateau. Il règne un calme étonnant. Les mérous et les courbines circulent au ralenti dans un léger mouvement ondulatoire à peine perceptible, parfois ils opèrent des tête-à-queue brutaux avant de retrouver toute leur placidité. Ils nous rappellent ainsi leur puissance camouflée de rôdeurs en quête d'une proie. Oublié le courant du dessus. On flotte dans le liquide amniotique. Nos mouvements à nous aussi semblent un peu ralentis, comme pour nous adapter à la manière des poissons, se faire admettre par eux. On est imprégnés de cette solennité. Je fais gaffe où je pose mes doigts, j’ai des gants, mais j’en ai coupé le bout pour me faire des mitaines : ça me donne de la sensibilité et me permet de manipuler mon matos sans peine. Certaines parties de l’épave sont colonisées par les « vers de feu », des polychètes. Je vois passer mes compagnons de palanquée derrière les membrures de l’épave, et, par moment, ces monstres de mérous et de courbines qui conservent leur allure de croisière, leurs yeux roulant pour nous surveiller. Quand j’entre dans le bateau, je me méfie, je tourne sur les flancs, palme sur le dos : les vers de feu sont aussi fixés sur les planches du pont, au plafond, leurs soies urticantes drues et blanches, et si j’expulse mon air trop brutalement, je les décrocherai et ils me tomberont dessus. Ma combi est une seconde peau, mais il reste des parties exposées : visage, poignets, chevilles. De l'eau fraîche s'insinue contre ma peau par la capuche mal ajustée, se diffuse sur tout le corps, se réchauffe, puis s'échappe à intervalles, aussitôt remplacée. Je traverse des bancs d’alevins transparents et brillants qu'un plongeur entre eux et moi fait étinceler avec sa torche. Je passe du temps auprès de poissons crapauds énormes - Antennarius senegalensis (40cm pour un poids de 3kg) -, jaunes ou orange. Leurs nageoires pectorales sont comme des pattes articulées. Ils sont agrippés à l’épave, immobiles, presque pétrifiés. On dirait des éponges bosselées. Ils me stupéfient. Pourquoi ai-je toujours eu un faible pour les animaux bizarres et biscornus, à l’aspect mal dégrossi ? Les poissons papillons pâles et rayés chocolat - Chaetodon hoefleri - font deux fois la taille de ceux que je croise habituellement, et puis quelques Bauchotia marcellae. Grâce et raffinement naturels. Beaucoup de faune fixée aussi, de merveilleux alcyonaires violets aux tentacules blancs, des grappes d'anatifes qui se balancent au coeur de l'épave, des gorgones s'épanouissent à travers les ouvertures dans la coque. De la pure féérie. Mais le temps est compté. Nous devons remonter, à regret. Paliers à 6 et 3m, c’est ce que nous donnent les tables, toujours plus pénalisantes qu'un ordi de plongée, et plus secure aussi peut-être. On s’accroche à l'épaisse « corde » nylon râpeuse et piquante de l’ancre pour une remontée tranquille, parfois des à-coups en fonction des vagues de surface, il faut suivre le bout sans s’y agripper.  Haïdar emporte un lambeau de filet perdu qu'il a eu du mal à décrocher de l'épave et qui continuait à piéger des poissons. Tout en remontant, je ne lâche pas Tiwa des yeux. Je ne veux rien perdre, rien oublier de ce qui restera ma plus belle plongée. Une histoire de challenge, de conquête. Aux paliers on se parle, avec les yeux, avec les mains, on retire le détendeur et on se fait des grimaces, on sourit. On essaie de se transmettre les uns les autres nos émotions. On essaie de se dire tous ces poissons. On est en pleine eau, on voit passer des salpes, parfois attachées les unes aux autres, parfois passant individuellement. Il m’est arrivé d’avoir à traverser une nappe haute de plusieurs mètres de méduses translucides - cténaires -, et de me brûler à leur flagelle : une vive brûlure accompagnée d’une sorte de décharge électrique. Ma cheville a mis 3 semaines à cicatriser. Mais cette fois-ci, rien de tout cela : juste des salpes, peut-être un barracuda inquisiteur, peut-être quelques thonines ou bonites aussi qui passent, pressées. Les plongeurs se dégourdissent, miment les sauts de grenouille. On plaisante, réellement. Vient le moment de remonter dans la pirogue, on se déséquipe, on se dégage de la bouteille lourde. On se hisse d'une traction dans la pirogue à hauts bords, aidés des palmes. « Alors Marine, c’était comment ? » Je ne trouve pas les mots, j’ai le visage encore un peu engourdi par la température de l’eau, la mâchoire encore un peu crispée. Je lance un bête : "C'était génial !". Mais ça m'a bouleversée et jamais je ne me suis sentie autant en accord avec moi-même. Tout le monde éprouve les mêmes sentiments, c'était une très belle plongée, marquante. Toutes les plongées ne se valent pas. Y compris sur Tiwa. Les conditions étaient exceptionnelles, les poissons au rendez-vous. Haïdar lance son tonitruant "nice cool nice" qu'on lui connaît bien. Et puis vlan, ce mal de tête qui arrive : « Bah oui, tu as fait de l’hypercapnie, tu ne t’en es pas rendu compte, mais tu n’as pas suffisamment respiré sous l’eau, du coup, la privation d'oxygène et le CO2 dans tes vaisseaux sanguins te donnent mal à la tête ! Tu es remontée avec une bouteille encore à moitié pleine. » L'hypercapnie, une sale habitude prise quand au début je plongeais sans manomètre et que je craignais de faire remonter toute la palanquée trop tôt. Du coup, ce ne sera jamais moi qui serais cause d'une remontée prématurée. Ca m'arrivera encore quelquefois d'avoir mal à la tête en sortant, sur des plongées un peu techniques, mais surtout lorsque l'eau est froide. Le retour se fait dans une sorte d’euphorie vibrante tant ma joie est forte, malgré le mal de crâne et les vagues qui tabassent.  Prétentieuse, je ne peux m'empêcher de penser que la mer m'a fait une fleur aujourd'hui en m'invitant ainsi aussi généreusement en son sein. Un thiébou dieune nous attend au club. Je voudrais vivre toute ma vie des moments comme celui-là.

Ma référence : Poissons de mer de l'Ouest africain tropical, Bernard SERET et Pierre OPIC, ORSTOM, Paris 1981, réédition 1990.

D'autres espèces de la faune sous-marine au Sénégal (mollusques, crustacés, poissons) dont je tiens à convoquer le souvenir parce qu'elles ont accompagné mes plongées : Epinephelus aeneus, Pomatomus saltator, Selene dorsalis, Bodianus speciosus, Scarus hoefleri, Scomberomorus tritor, Euthynnus alletteratus, Rhinobatos rhinobatos, Xiphias gladius, Diplodus cervinus, Mycteroperca rubra, Hippocampus punctulatus, Sardinella aurita et S. pilchardus (les fameux yaboï), Muricida purpurellus gambiensis, Aplysia fasciata, les yeets : Cymbium cymbium, Cymbium glans, Cymbium tritonis senegalensis..., Cyprea stercoraria - la porcelaine emblème du club de plongée, Stenorhynchus lanceolatus, Haliotis tuberculata...


Haïdar était capable d'attraper un poisson récifal à la main. Il m'en a fait une fois la démonstration, avec un rason je crois. Une fois attrapé, le poisson ne s'est pas débattu. Haïdar m'a invitée à essayer à mon tour. Evidemment, j'ai loupé mon coup. Sur la pirogue, je lui ai demandé comment il faisait, et il m'a dit : "Ca passe par le regard. Les poissons voient à tes yeux que tu veux les attraper. Il ne faut rien laisser paraître." Il a ajouté : "Parfois je cache mon visage avec une main pour mieux les attraper." Et encore : "S'il sent tes intentions, c'est foutu."

 

L'engagement d'Haïdar El Ali au niveau environnemental :

La sauvegarde du yeet, la campagne contre le chimiquier Orient Flowers laissé à pourrir au large de Dakar, le reboisement de la mangrove qui sert de pouponnière aux mérous ou aux tarpons...

Un joli portrait dans Jeune Afrique :

COP 21 - Sénégal : Haidar El Ali, l'infatigable lutteur - Jeune Afrique

L'homme qui plantait des palétuviers, militant écologiste sénégalais à l'inimitable bagou, sera présent en France à l'occasion de la COP21, du 29 novembre au 11 décembre. Sans illusions, mais toujours optimiste et combatif. dans ce dossier COP21 : qu'attendons-nous pour agir contre le dérèglement climatique ? " Bonjour !

https://www.jeuneafrique.com

 

Films écologiques

Depuis 1991, Haïdar El Ali muni de sa caméra sous marine, observe, apprend et dénonce les innombrables problèmes que rencontre la mer au Sénégal. Ses productions ont pour objectif une large sensibilisation du public concerné pour une meilleure gestion des ressources halieutiques.

http://oceanium.blogspot.com

 

1 août 2020

Je ne peux sortir qu'aux heures chaudes, moins

Je ne peux sortir qu'aux heures chaudes, moins propices aux obs'. Au moins, je croise peu de monde. Aujourd'hui la nuque raide et les bras et les épaules ankylosés par 3 jours pleins de manutention de poutres et tôles.

Un couple de trogons à queue blanche. J'ai été alertée par les appels discrets mais continus du mâle.

♂

Trogon viridis

Trogon viridis

♀

Trogon viridis

Trogon viridis

Trogon viridis

Puis j'entends les feuilles mortes crisser. Je pense à une tortue, m'accroupis, et je finis par distinguer au milieu des "ronces" la tête d'un téju, je lève l'appareil, il se glisse dans son terrier.

Un peu plus tard sur un autre sentier, j'entends de nouveau crisser les feuilles mortes. Tinamou qui gratte le sol ? Téju ? Tortue ? Non, c'est un tamanoir, que j'ai eu bien du mal à trouver. Les photos ne permettent pas de comprendre, mais il fait très sombre en réalité. Le tamanoir avec sa robe foncée est parfaitement camouflé, il ne se repère qu'en ombre chinoise. C'est un tout petit "format". Je vais passer un quart d'heure en sa compagnie, essayant par tous les moyens de le photographier au mieux, tentant d'anticiper ses déplacements, de m'avancer pour l'attendre sur des zones moins encombrées. Je dois me baisser pour y voir quelque chose. Peine perdue. Il est plus malin que moi, et j'aurais peut-être dû enfiler un t-shirt plus discret que le bleu électrique. Le bruit de l'autofocus l'alerte et le fait changer de direction. C'est plus simple en savane ! Un moment il avance droit sur moi, je m'écarte en renonçant à la photo car je ne tiens pas à revivre une charge.  Et puis je me décide enfin à le laisser tranquille.

J'entends souvent ce genre de crissements, que j'attribue à un téju ou un oiseau, et je n'y prête pas plus garde, toujours un peu pressée par le temps. Il y a des chances que j'aie laissé passer des occasions de voir ce tamanoir.

Myrmecophaga tridactyla

Myrmecophaga tridactyla

3mn plus tard une tortue charbonnière qui remonte la pente. Pas très grosse, elle a un curieux profil.

Chelonoidis carbonaria

Chelonoidis carbonaria

Ensuite ce serpent qui s'immobilise sur le sentier, avant de se gonfler et de me fausser compagnie quand je m'accroupis.

Chironius fuscus

Chironius fuscus

Le tout au 150-600mm

Puis les saïmiris, accompagnés d'un toucan ariel qui se faufile dans les branches avec cette aisance qui me scotche à chaque fois.

Et puis au retour, un moment passé avec un tityre gris mâle installé dans un palmier maripa.

Des balades comme celle-ci, j'en veux bien au quotidien ;)

13 juillet 2020

A la rencontre de l'ours malais. Ou presque.

Pour voir la faune, c'est mieux de bien pratiquer son terrain.

Sclateria_naevia

Cantorchilus_leucotis

Un grand merci à Alexandre pour l'identification des chants de l'alapi paludicole et du troglodyte à face pâle. Et que dire de Culex dolens et Aedes horribilis ! :) Je me suis crue un instant dans La Vallée des bannis, avec Spirou et Fantasio.

Avant de trouver les coatis, la terre meuble du sentier est labourée sur une douzaine de mètres. Leur oeuvre. Ca m'aurait bien plu de les trouver là.

Le groupe doit bien être composé d'une vingtaine d'individus au moins, grimpés dans les arbres, presqu'invisibles avec leur fourrure sombre. Par moment, ils dégringolent en grappes jusqu'au sol. Ca provoque une certaine confusion, et il est difficile alors de savoir où poser le regard.  Puis un s'expose volontairement, laissant au reste de la troupe le loisir de décamper s'ils le souhaitent. Il a la paupière droite un peu abîmée, ce qui lui donne un curieux regard. Ce n'est pas à proprement parler une vigie, car je sais que tous m'observent, à différentes hauteurs.

Nasua nasua

On en distingue un second en arrière-plan.

Nasua nasua

Nasua nasua

Nasua nasua

Nasua nasua

La photo est complètement floue, mais c'est la plus belle attitude captée, alors je garde, pour l'idée et le souvenir.

Nasua nasua

Même chose pour celle-ci, prise juste après. Des pattes de martre et des griffes d'ours. Nettes, les griffes ! :D

Nasua nasua

Puis un autre se dévoue pour remplacer le premier. Avec ma veste treillis, j'ai la couleur des chasseurs. Je culpabilise d'ailleurs un peu : je les avais en joue, on a passé un petit moment ensemble à distance réduite (3mn30 de photos), j'espère qu'ils continueront d'être prudents face aux bipèdes, car se montrer autant à découvert, s'immobiliser ainsi, c'est déjà bien trop.

Nasua nasua

La même photo non recadrée.

Nasua nasua

Allez, pour conclure, un profil presque propre.

Nasua nasua

Il y a eu une chouette, peut-être la mouchetée, ou celle à lunettes, qui m'a même fait face en vol, brièvement. Pas de photo : je préfère être sûre de mon identification avant de tenter des images qui risqueraient d'être foirées. Alors du coup ni ID claire ni photo :D

Tamandua tetradactyla

Juste pour l'ambiance : un tamandua loin devant, me précédant sur le sentier. Je pensais pouvoir le rattraper en pressant un peu le pas, mais il m'a faussé compagnie sans peine.

Ara chloropterus et Rhamphastos vitellinus

Et sur la route de bon matin, deux aras chloroptères. 1 en vol, et 3kms plus loin, un autre, posé.

Et pour en revenir à l'ours malais : parce que c'est le plus beau.

27 mars 2020

Un retour aux occupations élémentaires

Chouette, il pleut ! Les pluies débutent. Après 9 mois d'attente. Un jour à marquer d'une pierre blanche.

Quand j'étais petite - jusqu'à mes 10 ans - et que j'avais parfois besoin de tuer le temps, j'avançais sur mon encyclopédie personnelle des animaux. J'utilisais les fiches Nestlé "Animaux - Les Merveilles du monde" que je collectionnais l'été en France, ainsi que la page "Animaux" du magazine "Femme Actuelle" et mes indispensables "Wapiti". J'en recopiais des passages dans un cahier et illustrais chaque animal :)

L'univers aquatique, cet univers assourdi où l'on entend principalement des crépitements, ce monde en apesanteur, je l'ai véritablement découvert à Dakar, dès mes 11 ans. Au Mali, on consacrait nos w.e. à barboter dans le Niger, sur les bancs de sable, à pêcher des tilapias qu'on plaçait dans des bassins creusés dans le sable, à fouiller sous l'eau le sable à la recherche des moules d'eau douce qu'on renfouissait dès qu'on les avait en main. Mais la plongée fut une révélation : l'eau est le seul milieu qui permette d'évoluer dans les 3 dimensions et donc d'aller au contact de la faune. Les poissons sont aussi parmi les rares groupes d'animaux à s'intéresser à nous, à s'approcher en curieux pour nous détailler. A chaque espèce un tempérament clairement déterminé; ce qui n'empêche pas un caractère individuel, principalement aux poissons vivant en solitaire. Et les espèces les moins farouches vont jusqu'à nous réclamer des caresses, de quoi vouer aux poissons une tendresse impérissable. Ce sont les poissons qui m'ont forgé cette sensibilité naturaliste, c'est à travers eux que j'ai commencé à saisir l'approche systématique des espèces, en apprenant à discerner les Labridés, les Serranidés, les Lutjanidés... de par les mers et les océans.

Donc, aujourd'hui, ma fiche espèce succincte concerne l'Anostomus brevior - (Géry, 1960), poisson endémique de Guyane française.

Anostomus brevior

Pourquoi l'avoir choisi lui ? Parce que c'est un original, un voltigeur : il nage dans toutes les positions - à la verticale aussi, museau vers le bas, ou sur le dos, il opère des marches arrière parfaites, peut stopper brutalement, se coucher sur le flanc - et cela principalement dans le but de trouver sa nourriture. Il vit en petits bancs et passe du temps à brouter les bois noyés de ses dents en forme de peigne. Mais c'est un opportuniste, car si son régime est principalement phytophage, qu'il se nourrit aussi de diatomées, il se montre détritivore si nécessaire. Comme il est grégaire, il a aussi un comportement social varié et des atittudes plutôt expressives.

Il vit en sympatrie avec Hypomasticus despaxi qui morphologiquement lui ressemble par sa couleur de robe et ses rayures longitudinales. Deux ou trois de ces poissons font d'ailleurs un passage discret dans la vidéo, sous les Anostomus. Les bancs d'Anostomus brevior et d'Hypomasticus despaxi se mélangent. La bouche des Anostumus est orientée vers le haut tandis que celle des Hypomasticus l'est vers le bas.

 

(Quelle tristesse mon effarante incompétence informatique...)

Dans la vidéo, apparaissent aussi quelques carpes communes : Leporinus granti, une carpe fasciée : Leporinus fasciatus. Ces carpes, tout comme les Hypomasticus, font aussi partie des Anostomidae.

Et les yayas évoluant près de la surface sont des Bryconops melanurus, facilement identifiables par leur corps argenté et queue barrée de noir.

A Grégoire, les poissons occupant le même réservoir sont : sur les rochers, Harttia fowleri tout en ventouse et barbillons tactiles; proches du fond, dans les troncs entrelacés ou creusant leur terrier : Crenicicla saxatilis; fouillant continuellement le sable, des bancs de Pimelodella cristata; en pleine eau, des bancs miroitants de Poptella brevispina, et patrouillant, Acestrorhynchus falcatus, le fameux "dent-chien"; circulant entre deux eaux ou près du fond, Krobia guianensis, par paires ou groupes de 4-5. On trouve beaucoup d'autres espèces, d'autres Characidés, d'autres Cichlidés, plus discrets ou présents en populations moins importantes.

5 avril 2020

Crenicichla saxatilis

Les Cichlidés sont sans conteste LA plus prestigieuse famille de poissons d'eau douce. Tous sont curieux, territoriaux et dotés d'un instinct parental très développé : certaines espèces gardent les oeufs dans leur gueule le temps de l'incubation, et même après éclosion leurs alevins, pour les protéger des prédateurs. D'autres montent incessamment la garde autour de leur ponte, puis, une fois les oeufs éclos, conservent leurs alevins tout contre eux le temps de leur croissance. Certaines larves se nourrissent même les premiers temps du mucus sécrété par les parents à leur intention.

Ces poissons peuvent orienter leurs yeux dans toutes les directions et leur livrée varie en fonction des stimuli : stress, excitation sexuelle pendant les parades, camouflage, livrée nocturne... Certaines espèces communiquent plus que d'autres par leurs changements chromatiques qui traduisent donc leur humeur, mais pas seulement. Ils servent aussi à leur protection. L'individu de la vidéo était très pâle, probablement pour passer inaperçu sur le sable. J'en ai filmé un autre juste après, de la même taille, qui avait choisi le noir... Les adultes sont plutôt d'un bleu foncé discret, avec deux grands ocelles, de part et d'autre du corps. En créole, ils sont appelés "poissons madame", peut-être en raison de leurs livrées très colorées qui peuvent rappeler un maquillage. 5 espèces sont présentes en Guyane.

 

 Pâle et mimétique du sable.

Crenicichla saxatilis - subadulte

(Un autre subadulte de la même espèce)

En Amérique du sud, les plus illustres représentants de la famille sont les discus, les scalaires (deux espèces absentes de Guyane française), les somptueux oscars : Astronotus ocellatus; et, la coqueluche des pêcheurs sportifs : les fameux "tucunarés" aux imposantes espèces combatives.

En Guyane française, plusieurs espèces souvent indifférenciées des pêcheurs et regroupées sous le nom de "krobia" et "prapra".

En Afrique, évidemment, les Cichlidés du lac Tanganyika, chers aux aquariophiles.

Mais avant tous les autres, les tilapias, dont Tilapia nilotica, présent dans de nombreux fleuves, notamment le Niger. Il est le poisson qui sert d'alimentation de base aux populations du fleuve. Il est tellement essentiel, tellement présent qu'on en a fait un des pesons de cuivre pour l'or des bijoutiers Celui présenté en photo a été transformé en pendentif.

Tilapia

12 février 2021

"On va voir les vaches ?"

Poulain

Chevaux probablement croisés avec la race Mangalarga paulista.

Poulain

Tous waterproof ;)

Poulain

Poulain

Le Mangalarga paulista est une race brésilienne rustique, adaptée aux conditions équatoriales, particulièrement défavorables aux chevaux : sols détrempés qui pourrissent les sabots, parasites internes et externes qui prolifèrent, affaiblissent et débilitent, climat qui accable... il fait avec ! Si certains chevaux dédiés au rassemblement du bétail portent encore les caractéristiques primitives propres aux ânes : rayures sur les genoux et les jarrets, raie de mulet et croix de Saint-André, ils sont aussi probablement croisés avec la race Campolina. Le Mangalarga paulista a développé une 4ème allure, la marcha, ou l'amble.

D'ailleurs, les rares populations de chevaux féraux vivent dans des milieux plutôt désertiques : les Mustangs nord-américains, les Brumbies australiens, les chevaux du Namib... Certaines races sont parfaitement adaptées aux climats secs voire sahéliens : l'Arabe, le Barbe, l'Arabe-Barbe, le Pur Race Espagnole, l'Akhal-Téké... et les dernières races primitives survivantes sont celles des steppes et des plaines, le Prezwalski, le Konik, le Tarpan... ainsi que les ânes : l'âne de Nubie et l'onagre. Anes et chevaux sont mieux sur sols durs.

Une des rares races à barboter dans les marais est le Camargue.

Zébus

... et les zébus ou race brahmane, originaire d'Inde qui s'acclimate aussi bien dans les régions désertiques que dans les pâturages noyés.

Zébus

Et tout ce petit monde vit en bonne intelligence avec les urubus, les jacanas, les caracaras, les aigrettes, ou encore avec les caïmans à lunettes. Chevaux et vaches sont généralement gris ou alezans sur Guatemala.

Molothrus bonariensis

Passée au reflex il y a 7 ans, et donc 7 ans que mon objo macro m'accompagne et m'a permis des portraits, des photos de paysage et ce pour quoi il est conçu. Lentilles un peu champignonnées, ce qui ne l'empêche pas de continuer de bien travailler.

28 octobre 2020

Y'a pas de miracle

Panthera onca

Des traces anciennes et plus récentes se chevauchent : il est passé puis repassé, au petit matin sans doute ou dans la nuit, pour les plus fraîches.

Panthera onca

Panthera onca

Photos 300mm et smartphone

Panthera onca

Le coin est très régulièrement pratiqué : on voit bien au sable foulé de nombreuses traces de passage. 

Panthera onca

Cela faisait bien 6 ans que je n'étais pas revenue sur cette piste blanche. J'y passais déjà rarement, mais presqu'à tous les coups j'y trouvais des traces de jaguar ou de puma. Pas de surprise : quand la zone est ultra sécurisée et surveillée, que les gens, mais surtout les chasseurs, n'y ont que difficilement accès, la vie reprend ses droits et, redevenue souveraine, n'a besoin de personne, et les super-prédateurs d'aucun plan de sauvegarde.

6 février 2021

Paraprisopus apterus - Une espèce découverte, élevée et décrite par le groupe ASPER

 

Asper Phasmes des Antilles et de France

Bienvenue à / Welcome to ASPER Dernière mise à jour / Last update : 07 décembre 2020 Ce site est optimisé pour les navigateurs Firefox et Chrome This site is best viewed with browsers Firefox and Chrome ATTENTION : Le javascript doit être activé dans votre navigateur,sans quoi le site ASPER n'est pas fonctionnel et les phasmes resteront cachés !

http://www.asper.org

 

Nous sommes le 25 octobre 2019. On s'est donné rendez-vous à Saint-Laurent près de l'église aux alentours de 8h. En préparant son séjour, Toni Jourdan m'a proposé de partager quelques jours de prospections avec lui. J'ai immédiatement accepté, trop heureuse qu'un spécialiste des phasmes m'offre de l'accompagner sur le terrain ! On passera 3 jours dans l'ouest. Je lui demande de me parler de ses premières découvertes. Il s'est tout d'abord rendu sur Kaw, y a trouvé un phasme de canopée jamais rencontré. Par chance, il s'agit d'une femelle ! Peut-être pondra-t-elle des oeufs qui, s'ils sont conservés dans de bonnes conditions, écloront !

J'aimerais le - ou plutôt la photographier aussitôt. Nous quittons la ville et sortons la bestiole à l'air libre pour quelques clichés. Elle est adulte, et n'a pas d'ailes, je peux la photographier sous le contrôle de Toni, et sans crainte qu'elle ne s'échappe. Les jours suivants, elle continuera de voir du pays, en voiture sur les pistes ou en pirogue sur l'embouchure du fleuve, sur sables blancs et sur latérite ! Elle est chaque jour bichonnée par Toni qui lui cueille de nouvelles plantes, et surveille son état général. Quelques jours plus tard, il récolte les quelques oeufs qu'elle pond.

Paraprisopus apterus - Femelle

Paraprisopus apterus - Femelle

C'est une curieuse bestiole. Les excroissances derrière la tête lui font comme une coiffe un peu afro, à la fois sévère et élégante.

Paraprisopus apterus - Femelle

Paraprisopus apterus - Femelle

Un entomo voyage léger, mais encombré ! Les "cages" permettant de faire vivre les insectes sont volumineuses et cyclindriques : juste quelques arceaux métalliques pour tendre la moustiquaire qui offre une aération et une protection maximales. La cage peut aussi être recouverte d'un film plastique sur une partie pour garantir une hygrométrie suffisante. Tout est adaptable et adapté aux phasmes prélevés.

Les oeufs ont éclos, les larves ont prospéré jusqu'à atteindre le stade adulte, et se sont reproduits, et il y a quelques jours le groupe ASPER annonçait sur sa page Facebook la description de cette nouvelle espèce.

La mission de Toni Jourdan en Guyane, lui a permis la découverte d'au moins une autre espèce de phasme inconnue jusqu'alors, trouvée sur Iracoubo. J'espère que j'aurai l'occasion d'en parler sur ce blog !

26 décembre 2020

Episode III - Brocouille

... Suite du feuilleton. Bon ben voilà. Une semaine d'attente. Un réglage du "scan field" toutes les 5mn en plus du déclenchement au mouvement, des centaines de prises, mais rien en boîte. Malgré tout, contente 1) de ne pas me l'être fait piquer, 2) de constater que les piles ont tenu sur toute la durée et qu'il a bien supporté les aléas climatiques. Mes futures premières images n'en auront à mes yeux que plus de valeur. Y'a plus qu'à recommencer pour 15 jours, sans scan field qui encombre inutilement la mémoire. Mais que c'est chiant à paramétrer !

Piège photo

Piège photo

 Et 2 tinamous cendrés en guise de galinettes !

7 juin 2020

Au moment du repas : "Maman, regarde le pic !"

Campephilus melanoleucos - mâle

Le passage d'un pic de Malherbe dans le jardin est un événement. Ca n'a pas dû arriver plus de 3 ou 4 fois en 10 ans. Ca semble tout à fait erratique, un peu "au petit bonheur la chance", et expéditif.

Campephilus melanoleucos - mâle

Il inspecte le stipe des deux cocotiers, extrait du 2nd une belle chenille d'un papillon Eupalamides sp. Curieuse écologie pour cette chenille xylophage. On est à l'interface entre chenille de papillon et larve de coléoptère.

Campephilus melanoleucos - mâle

Campephilos melanoleucos - mâle

Campephilus melanoleucos - mâle

L'avale et puis s'en va. 5 minutes chrono, ou à peu près.

+ mancala

1 juillet 2020

Limier

Chironius carinatus

La couleuvre inspecte les interstices du piquet à la recherche de petits oisillons, de grenouilles ou de lézards.

Chironius carinatus

Chironius carinatus

Il ne lui a fallu que quelques secondes pour s'apercevoir de ma présence...

Chironius carinatus

Et donc elle file. Un peu gênée de l'avoir dérangée durant sa prospection - j'étais pourtant à distance très raisonnable, elles sont terriblement farouches -, mais je ne doute pas qu'elle se refasse.

Chironius carinatus

La carène dorsale, à laquelle ce "serpent chasseur" doit son nom scientifique est ici bien visible. Probablement un mâle.

Chironius carinatus

27 octobre 2019

S'il y a bien UNE espèce que je voulais rencontrer, c'est celle-ci ! - et elle est guyanaise ! ♀

Cranidium gibbosum - femelle adulte

Cranidium gibbosum - femelle adulte

Cranidium gibbosum - femelle adulte

Cranidium gibbosum - femelle adulte

Cranidium gibbosum - femelle adulte

Cranidium gibbosum - femelle adulte

Cranidium gibbosum - femelle adulte

Cranidium gibbosum - femelle adulte

Un phasme endémique, distribué sur toute la Guyane française, et c'est un pur bijou extraterrestre : un vert et une plastique de Martien !

Endémique, probablement parce que les femelles n'étant pas ailées, les chances de parvenir à traverser les fleuves sont minces.

 

Et Boana xerophylla, la rainette crépitante !

 Avec Toni Jourdan, dans le cadre de sa mission.

6 décembre 2009

Balade botanique à la piste Plomb

FougèreFougère en sous-bois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encyclia ceratistes

Encyclia ceratistes en phase de mutation après fécondation. La fleur se transforme peu à peu en bourse contenant les graines.

 

 

 

 

 

 

Encyclia ceratistes

 

 

 

 

 

 

 

 

Caprimulgus nigrescens

L'engoulevent noirâtre, l'incontournable

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caprimulgus nigrescens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caprimulgus nigrescens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eschweilera sp.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fleurs de Maho noir à grandes feuilles  :

Eschweilera sp. (3 taxons suivant les auteurs)

La floraison intervient en fin de saison sèche.Eschweilera sp.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eschweleira sp.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eschweilera sp.

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  • Après Bleu Banane. Carnet de terrain alimenté au gré de mes rencontres en Guyane française. Puissent la Terre et sa biodiversité survivre à notre folie. Bien qu'elles ne soient pas signées, toutes les photos présentées sur ce blog sont ma propriété.
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