Avec le 300, pas superflu. Et toujours ce ciel
Avec le 300, pas superflu. Et toujours ce ciel bouché et plombant.
Les Convolvulacées - Ipomoea tiliaceae (?) et une autre plante, s'agrippent aux hampes naissantes des orchidées, et finissent par les "étouffer" entièrement en quelques semaines, une fois la hampe en graine.
Lutte silencieuse. On voit Sagittaria lancifolia en fleur, à droite.
Le pourpre des fleurs a viré à l'orangé passé. Les fleurs sont fécondées, elles sont en train de se transformer. On voit nettement les ovaires* s'épaissir et s'allonger tandis que pétales et sépales se ferment. Ils* constitueront bientôt les gousses renfermant les graines.
Pour la flore guyanaise, le site de référence qui me permet mes identifications, tellement bien construit avec ses diverses entrées : par famille, par milieu, par nom scientifique, qu'on trouve très vite ce qu'on cherchait :
On n'a hélas pas l'orchis bouc mais...
6 ans que je n'en avais plus vu. Pourtant, je regarde toujours du coin de mon 3ème oeil, au retour de Cayenne et de Guatemala, et je me rends 2 fois par an à Wayabo sur la période favorable, en vain. Jusqu'à aujourd'hui, où mon 3ème oeil - celui qui guette et qui devait être en stand by depuis 6 ans - accroche une Eulophia alta toute fleurie et ligotée par les volubilis - Ipomoea tiliaceae (?). Je pensais la colonie disparue, étouffée sous les Ipomées, les Cypéracées, les fougères, mais surtout les Ipomées ! mais une petite population résiste opiniâtrement. J'en dénombre 22 au total, à tous les stades de floraison et même en fructification, et encore 3 autres cachées derrière un massif ! Il y en a forcément qui m'ont échappé et/ou qui sont en préparation.
4 pieds sur la photo ci-dessus : un envahi, sur le côté une hampe qui s'ouvre et une autre en bouton, et en arrière-plan dans le flou, un 4ème pied, épanoui.
Hampe en graine
Aspect typique du sommet de la hampe, les boutons floraux en tête d'asperge, commun à de nombreuses orchidées à hampes florales dressées vers le ciel.
S'il y a 6 ans je faisais mes photos au 100mm, cette fois-ci, le 600 s'est révélé indispensable.
Merci les pluies :)
Bon printemps aux orchidophiles métropolitains !
Un Typophyllum peut en cacher tout plein d'autres
J'en reviens toujours à mes sauterelles-feuilles. Un ami entomo - Hervé S. - m'a dit que 36 espèces de Typophyllum avaient été décrites, dont 2 en Guyane depuis 2014. Alors, j'ai regardé à nouveau mes photos, et j'obtiens 3 formes d'élytres distinctes :
1. Un Typophyllum aux élytres arrondies : (Belizon, St-Elie)
(Et encore, la forme des élytres de ces 2 individus ne correspond peut-être pas tout à fait). La taille des bestioles est aussi bien sûr un critère diagnostique.
2. Un Typophyllum aux élytres crénelées : (Trésor). Mes toutes premières sauterelles-feuilles.
3. Un Typophyllum aux élytres trapézoïdales, sans doute trapeziforme : (Auberge des Orpailleurs, le Rorota, St-Elie)
Typophyllum lunatum m'a échappé un soir. A quand la revanche ?
Histoires sans paroles
Attitude typique du faon qui cherche à passer inaperçu, parce qu'il ne cherchait pas à dormir mais bien à se cacher. Il ne doit pas savoir qu'il est blanc.
Ces zébus qui vivent à l'extérieur toute l'année retrouvent des comportements naturels instinctifs d'animaux sauvages. Bovidés et Cervidés sont apparentés.
Pas d'âge et déjà bagué.
Comme je continue de le fixer, méfiant, il se lève et va rejoindre sa mère qui paît à 150m dans une autre parcelle.
Pouliche qui colle aux basques du mâle gris.
Sa robe rouanne / rouannée s'éclaircira probablement en gris d'ici 2 à 3 ans.
Mâle reproducteur aux cornes soigneusement raccourcies. Il semble d'un naturel placide, mais quand les hormones titillent, attention. Les autres taureaux du cheptel sont tous totalement écornés.
Le même veau que sur les premières photos. La pouliche le flaire gentiment. Ca dérange le veau qui se lève et va rejoindre d'autres veaux couchés plus loin. Pas commode celui-là.
Il était une fois en carbet, hors du temps, hors du monde
1er Jour :
Polissoirs oubliés. C'est toujours poignant de se dire que des gens se sont installés là, des familles amérindiennes dont on ne sait rien aujourd'hui, évanouies avec leur histoire et leurs secrets.
L'eau baisse encore et met au jour d'autres polissoirs.
A marée basse, les dalles rocheuses se découvrent.
Les morphos jouent les voltigeurs.
A proximité du carbet, Dichea splitgerberi en bouton et fleurs pâles, le labelle en forme d'ancre.
Le bassin de l'anguille électrique, Electrophorus electricus. L'après-midi est bien entamée. On longe la crique quand la copine fait tomber sa GoPro. Je ploufe pour la lui récupérer. Il y a un petit mètre de hauteur de berge verticale, elle me conseille de remonter grâce aux racines immergées d'un arbre. Mais le splash a réveillé une grosse anguille à la gorge rose vif qui justement a sa tanière dans la glaise de la berge, entre les racines de cet arbre par lequel je comptais passer. Elle sort de sa cache, et vient à moi, inquisitrice, puis se glisse dans son trou, et je la vois en ressortir, elle s'approche à nouveau tout près, directement sur moi. La copine n'en mène pas large. Moi, un peu perplexe quand même en sous-tif et petite culotte "Sois gentille ma grosse hein ! pas de blague s'il te plaît !" Elle doit faire près d'un mètre. Elle n'a aucune raison de "m'électriser" - le terme électrocuter est probablement plus approprié, les décharges les plus fortes peuvent provoquer un évanouissement voire un arrêt cardiaque. Dans le règne animal, pas d'agression non motivée, et moi j'ai juste commis la maladresse de passer trop près de son antre. Alors, sa curiosité satisfaite, elle regagne ses pénates.
Flash-back au souvenir des anguilles sacrées de la Papenoo, aux yeux bleus (des vraies celles-là, qui se reproduisent en mer), qu'on pouvait nourrir à la main, et qu'on appelle "puhi" en reo ma'ohi, mot qui désigne aussi les murènes.
Stéphanie, les baignades toute la journée, et les parties de badminton à 4. Le Uno pour se poser, et, la soirée bien avancée, le hamac pour s'écrouler jusqu'au lendemain matin.
Le soir, au pied du carbet, au bord de la crique, Boana boans et Boana semilineata, les rainettes aux flancs étoilés.
2ème Jour :
Le temps est radieux. Moments privilégiés au milieu des pluies.
Moenkhausia collettii, Bryconops affinis & Bryconamericus guyanensis
Des amis pêcheurs et cuisiniers hors-pairs. Deux aïmaras pêchés quelques jours plus tôt. On a savouré les spécialités guyanaises à chaque repas, mitonnées avec art et mijotées pendant des heures et accompagnées de riz blanc, couac, haricots rouges ou lentilles, et de diverses sauces. Royal.
"De l'eau, de l'air, la vie !" ;)
3ème jour :
Toute la nuit, tour de chant des ronfleurs qui, courtois, s'expriment les uns après les autres. :D
Au matin, la surprise de découvrir que les fourmis coupe-feuilles ont attaqué un sac poubelle, laissant à proximité les si caractéristiques miettes en arc de cercle. J'espère qu'elles se seront rendu compte de leur bévue et qu'elles auront toutes abandonné ce leurre.
Il faut rentrer. De nombreuses Vanilla cf. mexicana en pleine santé, bien exposées au soleil, couvrent des arbres aux troncs grêles.
Retour à la maison et à la réalité en fin d'après-midi, à regret. Mais que ce 21ème siècle et ses politiques sont tristes et cons !
Le soleil tape, le ciel est parfaitement dégagé, et pourtant c'est presque l'Harmattan. L'air est voilé, flouté comme une brume, sale et saturé des poussières et sables du Sahara enrichis au Césium 137. Lumière d'Apocalypse, un peu.
La Chasse au(x) Snark
En pré-mue, et non pas une femelle pleine comme je le croyais.
Je ne peux pas dire que j'apprécie ces machins-là. Effroi. Les Arachnides sont les bestioles que je redoute le plus. Atavisme, mais pas que ! Ils semblent uniquement "assemblés" et conçus pour la prédation. Cuirassés, articulés et primitifs, et tout un attirail répulsif. Mais je suis bien sûr toujours heureuse de pouvoir continuer de rencontrer de pareils Titans. ;)
Une grosse femelle. La plus grosse rufescens que j'aie vue. D'habitude elles restent farouchement tapies dans leur anfractuosité de tronc ou de rocher. Ici parfaitement immobile, exposée. Vulnérable ? :D
Theraphosa blondi, Ephebopus rufescens, Pseudoclamoris gigas, Tityus obscurus, tous en plusieurs exemplaires.
Des kinkajous aux cris suraigus, agressifs comme ceux des capucins, des branches cassées. Paniqués. Un chasseur a encore dû s'illustrer dernièrement.
Une nuit fraîche, la Lune comme le sourire du chat du Cheschire et les lucioles comme des escarbilles. Les rainettes kunawalu et métronome qui rythment le temps, et le tocro de Guyane vers 4h du matin.
Les chants vifs des oiseaux, qui vrillent ou fusent bien avant les premières lueurs.



























































































